lundi 8 mai 2017

En marche donc !

 en marche  vers quoi ?
 je ne sais pas !






 Il faut de toute façon avancer   pour dépasser l'ornière  , le fossé  , la fosse à purin   dans lesquels  on a   frôlé de s'enfoncer  avec  cette  femme qui tout en tenant un discours que je trouve puant  a voulu faire croire que son parti  se désolidarisait de son père , cet homme  convaincu d'assassinat  pendant la guerre d'Algérie en ayant usé  d'un poignard  des jeunesses  hitlériennes

"Devenu adulte, Mohamed Moulay gardera l'arme chez lui, pendant quarante ans. Le poignard arrivera en France, début 2003, dans la valise de l'envoyée spéciale du Monde à Alger. Il servira de pièce à conviction dans le procès que le leader du Front national a intenté au journal pour "diffamation".
Jean-Marie Le Pen perdra ce procès. Il perdra également son appel et verra son pourvoi en cassation rejeté. Le poignard se trouve toujours à Paris, dans le coffre-fort de l'avocat du Monde, Yves Baudelot. Il va repartir en Algérie d'un mois à l'autre pour rejoindre le musée des moudjahidine. C'était le vœu de Mohamed Moulay. Il s'agit d'un couteau des Jeunesses hitlériennes, fabriqué dans la Ruhr dans les années 1930. Sur le fourreau, on peut lire distinctement : J.M. Le Pen, 1er REP."

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2012/05/02/mohamed-moulay-l-homme-au-poignard-de-le-pen-est-mort_1694213_3382.html#I3yqzIX8GR3IGiFW.99
  Le père en question avec ses propos racistes  et négationistes  n'est pas  présentable  quand il s'agit de se donner un vernis  d'adhésion  à la République  définie par la Constitution de 1958 pour drainer des votes en  ne perturbant pas la bonne conscience  de ses électeurs .
 " ce n'est pas si grave .... "    Allusion  à la pièce de théâtre "le fils " vue  mercredi 
 " ce n'est pas si grave  ..." puisque les notables ( catholiques dans la pièce) votent ainsi .
"...aveuglée par ses certitudes, elle est persuadée d’être dans le droit chemin, de lutter pour la bonne cause. Sa croisade contre le Mal, au nom de valeurs qui suintent la haine d’autrui.... "  


"... Une analyse  froide et scrupuleuse des mécanismes à l’œuvre dans l’engrenage qui conduit à des engagements politiques nauséabonds, en toute inconscience."
 "..Cette mère de famille ordinaire, qui pourrait être notre sœur ou notre collègue, nous semble, à nous aussi, à la fois familière et lointaine. Du bel ouvrage, sans autre prétention que de nous révéler la face sombre et tragique de la bien-pensance." cette  face sombre  qui  a justifié  la montée en puissance  du -initialement petit - parti d'Hitler  jusqu'à sa prise de pouvoir  avec  l'accord  d'un grand nombre ( du plus  grand nombre  ? )  de ceux qui se  vivaient comme exclus  de la société  post 1918  dans ce qui deviendra l'Allemagne nazie .
 Le bouc  émissaire était alors juif  , il est maintenant musulman  maghrébin  principalement ... conséquence de 1962 ?   de la fin   de la période coloniale française  ? 
L'antisémitisme   a mauvaise presse dans la France d'aujourd'hui  qui a mauvaise conscience - entretenue par le rappel permanent de la Shoah -  tandis  que  l'islamophobisme est de  bon ton  surtout depuis la vague d'attentats   ;  c'est quelque chose qui date de l'émergence  des talibans  en Afghanistan  , avec  l'aide de l'Occident ,  suite à l'occupation soviétique , 
d'al Quaida   et de ses émanations ,   de l'émergence de Daech  sur les ruines de la guerre d'Irak menée  par les USA ...
 On ne fait que se chercher des excuses  pour justifier  de  laisser   la prépondérance  à  notre détestation de l'autre suspecté d'user de ce qui devrait  nous revenir  du simple fait de s'être donné  la peine de  naître ici .

 Cette fois encore   elle  n'est pas passée  ,  n'a pas eu la majorité  mais  il nous faut rester  vigilant  car  elle progresse  cette  haine de l'autre , gagne des esprits  et des voix .
 Elle a tenté aussi   du côté des  partisans de Mélanchon  au  premier tour qui se sentent une  âme de  "damnés  de la Terre " .



 En ce 8 mai  , en marche contre cet état d'esprit  , cette façon de rendre l'autre responsable -et coupable  ,  forcément coupable  -   de  notre mécontentement   basé sur l'envie  ,
 L'autre ?  celui  qui prend ce qui  nous est dû   bien sûr, par  principe  puisque  nous sommes d'ici et lui non.
 En marche  contre cette façon  de  vivre , d'être  qui  a mené  à la prééminence  du fascisme  ( nazisme , stalinisme ... ) 
 En marche contre  ceux qui  qui  voudraient  bien  commémorer le 8 mai 1945   à Sétif  en  se félicitant  des morts  parce qu'ils   voulaient exercer  le droit des peuples à disposer d'eux mêmes mais surtout celui  d'être égaux  en droits  de  ne pas  être sous  statut d'indigènes . et  qui extrapôleraient  volontiers  aux morts  et pris en otages d'autres gouvernements , récents ou actuels  , qui migrent vers   nos contrées.
 En marche  aussi  contre  ceux  qui   ne veulent pas entendre  que  salaire
 ( ou revenus )   nécéssite  travail  ( actuel , passé ou futur )  car  comment     vivre tous  si tout le monde ne met pas la main  à la pâte  pour le bien commun induisant ainsi   revendications et  récriminations  contre l'autre - migrant ou non -  vivant du RSA  et autres allocations  non liées à  une cotisation chômage ( le chômage , une  forme d'intempéries )  retraite ou invalidité   ou  du rentier ,    du banquier ,   du  spéculateur en  Bourse  ...( tout dépend si l'on  est de très à droite ou de  très à gauche)   cherchant  à  échapper  à l'impôt pour s'enrichir davantage  , satisfait de ses avantages  qu'il ne veut que gonfler  sans se rendre compte qu'à augmenter la pression il risque  de faire exploser la baudruche  car  il s'agit d'une baudruche  pas d'une montgolfière  allant au devant d'autrui  pour faire connaissance .
En marche donc  mais pas  sans   garder en mémoire  ce qui est   juste derrière  nous
afin de ne pas revivre   l'équivalent de ce que Primo Levi évoque :

 Vous qui vivez en toute quiétude
       Bien au chaud dans vos maisons
       Vous qui trouvez le soir en rentrant
       La table mise et des visages amis
       Considérez si c'est un homme
       Que celui qui peine dans la boue,
       Qui ne connait pas de repos,
       Qui se bat pour un quignon de pain,
       Qui meurt pour un oui pour un non.
       Considérez si c'est une femme
       Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
       Et jusqu'à la force de se souvenir,
       Les yeux vides et le sein froid
       Comme une grenouille en hiver.
       N'oubliez pas que cela fut,
       Non, ne l'oubliez pas:
       Gravez ces mots dans votre coeur.
       Pensez-y chez vous, dans la rue,
       En vous couchant, en vous levant;
       Répétez-les à vos enfants.
       Ou que votre maison s'écroule;
       Que la maladie vous accable,
       Que vos enfants se détournent de vous.


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