jeudi 14 janvier 2010

relations multipolaires

En écrivant le titre j'ai voulu voir ce qui en était dit sur internet et j'ai trouvé un message blog qui résumait bien la chose .
J'ai failli écrire qu'en math les relations étaient plus faciles que dans le monde vivant , que
2+2 =4 et basta !
Je me suis retenue à temps car j'en connais qui m'auraient dit " à condition de ne pas être en base .... 3 , par exemple " .
Dans le monde vivant et surtout lorsque l'on touche aux relations humaines , Dieu que la chose est complexe !
Le message de Nico sur la communication non violente est une piste à suivre , à essayer d'appliquer du mieux que l'on peut et à chaque fois que cela se peut .... moins immédiatement satisfaisante que la façon de faire des bonobos





pour évacuer les tensions toujours liées à ces foutues relations multipolaires !

Il y a des moments où j'en ai marre des chinoiseries et autres complications qui découlent du fait que même si l'on s'entend , s'écoute - c'est mieux - et bien on ne se comprend pas forcément parce que chacun a son propre vécu et réagit en fonction .
Finalement nous fonctionnons un peu comme un neurone moteur sauf que nous , nous sommes à la fois récepteur , SNC et effecteur :
différentes informations extérieures arrivent et s'additionnent ( en + ou en - ) avec les informations internes de façon à ce qu'un message post-synaptique soit élaboré et aboutisse à une réponse .... pas toujours élaborée , réfléchie , pesées et soupesée pour ses conséquences possibles .

Alors j'utilise ce blog pour m'exprimer à la fois comme journal de mes réflexions personnelles au fur et à mesure qu'il m'arrive d'en avoir mais aussi pour "dire " ce que je n'arrive pas à dire avant que cela me reste sur le coeur .
C'est un méli- mélo , un fourre tout que ce Monde de Cornélius au moins aussi complexe que l'image ci dessous . un méli -mélo où je me retrouve quand il m'arrive de le feuilleter



http://willyebangabessolo.unblog.fr/

http://schwann.free.fr/neurobiologie_cellulaire03_2.jpg
http://blog-dominique.autie.intexte.net/blogs/media/bonobo.jpg http://www.femmesplus.fr/mag/html/img_diapo/20300_47564.jpg

mardi 12 janvier 2010

un air de vécu ....

Souvenirs , souvenirs ..... entre enfants , les petits et les grands , mari , image que l'on peut se faire de la future belle fille ....

Certains commentaires de F Foresti collent aux personnages et d'autres à l'idée qu'on s'en est fait un temps ... c'est savoureux !

J'ai beaucoup souri et cela m'a donné envie de partager ( les sourires , pas les emm... d'aujourd'hui )


Pour poursuivre dans le vécu je ne pouvais oublier la facette enseignante
qui me colle à la peau

même maintenant



souvenirs , souvenirs ....sans oublier ma grand mère qui lisait l'huma en regardant "dimanche Martin " et m'a appris le devoir de mémoire sans attendre Sarkosy !



Lienhttp://www.espace-sciences.org/www.sciences-ouest.org/Images/Magazines/221/221.10.jpg
http://www.philippetastet.com/enseignement-shoah-ecole-presse.aspx
http://apu.mabul.org/up/apu/2008/04/18/img-0207413wqxl.gif

dimanche 10 janvier 2010

sous la couette ... (2)

Fermée pour inventaire de Maya Waked est un premier roman dont je n'aurai pas soupçonné l'existence si je n'avais passé quelques jours aux Matelles et si , bien que mon sac de voyage soit chargé de livres , celui ci n'avait pas été posé sur une table basse ... incitation à l'entrouvrir , l'emprunter, le lire .

Dans un pays connu pour ses guerres successives , le Liban ( où trop souvent la mort est provoquée pour des questions de politique ) c'est un départ de la vie suite à un accident de la route qui nous est relaté . Le temps de l'adieu est possible , celui des espoirs aussi pour les proches de Noura avec leurs corollaires d'inquiétudes et de révoltes , de désespoirs et de sentiments d'injustices et d'impuissance .

Temps de l'adieu aussi pour Noura qui ,de son "endormissement " ,se souvient et évoque les temps et les personnes marqués dans sa mémoire ; questionnements sur une possible vie avec les lésions consécutives aux traumatismes puis renoncement qui la mène à partir .

Rappel de ses engouements de jeune fille , de sa vie d'enfant , des questions qui l'ont menée à faire les choix qui ont construit sa vie ...amitiés et relations présentant plus d'ambiguïté, périodes de guerre et d'exil , liens familiaux étroits et puissants ... le tableau de ce qu'est une vie se complète comme un puzzle au fil des pages , des visites , des soins , des souvenirs .


Inutile de vous en dire plus ... j'ai aimé écriture et récit tout comme j'ai apprécié l'écriture de Yasmine Char
Liban , encore , dans La main de Dieu
Liban en pleine guerre :
Liban d'une jeune fille musulmane de "grande" famille qui a "découvert" l'existence des camps de réfugiés
Elle est attentive aux visages las des femmes [...] Ces hommes qui fixent l'horizon au delà des tôles ondulées avec l'idée tue de partir et de vivre n'importe où sauf ici " que fais tu ici ? Que fais tu pour sauver ton pays ? " Mille noirceurs qui ne remettaient pas en cause ce travers de riche , je veux parler de cette manie de parader en maillots siglés ou cette particularité de dialoguer en trois langues pour situer le milieu social [...] J'avais encore besoin de ça pour exister , être reconnue par mes pairs .
Jeune fille , jeune femme, d'une quinzaine d'années qui franchit chaque jour la ligne de démarcation pour se rendre au lycée franco - libanais , côté chrétien et qui ainsi défie l'avenir que la famille de son père voit pour elle .
Jeune fille que la famille - en partie tout du moins - veut faire rentrer dans le rang , remettre dans le droit chemin qu'elle a quitté bien plus qu'ils ne peuvent l'imaginer .... après le départ de sa mère qui mettait un zeste de folie de vivre dans ses journées .... dans le Liban qui vient de tomber en guerre et dans lequel , pour elle , "le risque de mourir d'une balle ce n'est rien , rien , cette mort foudroyante par rapport à l'agonie des jours heureux "
Evocation de ce monde pluriculturel entre riches et pauvres , chrétiens et musulmans , religieux et non , qui est le sien .
Jeune fille devenue le jouet de son amant , de son amour , dont la robe emblématique etcriblée de balles , vient d'être jetée dans ruines . , avant d' irrémédiablement vouloir , "apprendre à marcher comme les autres [...] Un pas après l'autre, marcher doucement dans la quiétude des jours heureux"

sous la couette .... (1)

J'aime lire le soir ou la journée au chaud dans la couette , les chats à mes pieds ( quand ceux ci - les chats - n'ont pas déménagé pour un ailleurs que je ne connaîs pas ) .
Le corollaire de ces lectures est une visite régulière chez le libraire lorsqu'un titre me tire l'oeil , à la médiathèque - pour voir s'ils ont l'ouvrage , sur les sites de ventes d'occasion ...
J'ai ainsi une petite bibliothèque où se trouvent nouveautés et classiques (scolaires notamment ) ,souvenirs de mes premières amours ...
Rebuffat , Frison Roche et Herzog ( Annapurna Premier 8000 ) côtoient Le petit prince , Mermoz , le moine et le vénérable et ou Lucia Etxebarria voisine avec Eliette Abécassis .

Certains m'ont été prêtés ; c'est le cas d'une perle rare que m'a fait découvrir Fabienne :
" la vieille dame qui n'avait jamais joué au tennis et autres nouvelles qui font du bien " , publié par un collectif d'auteurs de Bd

A découvrir si vous en avez l'occasion ( peut être que notre amie vous le confiera si vous le lui demandez )
Quelles sont mes préférées ? je ne peux trancher entre Coltrane qui s'accommode fort bien de la soupe aux carottes , les brûlures , Vivaldi , Visite au cimetière ou Noël blanc ou bien encore Arthur ou le balcon .... Chacune touche un point sensible qui nous concerne , nous renvoie à un vécu ou /et à d'autres lectures , à des questions que l'on a pu se poser sur la vieillesse, le handicap , l'amour , les relations familiales ...

Si quelqu'un me demande ce que je lis je répondrais sans doute :
"J'aime beaucoup les "polars " , enfin pas tous mais la plus part de ceux qui passent entre mes mains ."

Parmi ceux ci il y a les ouvrages de Fred Vargas - qu'ils mettent ou non le commissaire Adamsberg en scène- De L'homme aux cercles bleus en passant Dans les bois éternels les coupables qui peuvent être Sans feu ni lieu parfois sont démasqués lors d' histoires qui dépassent la simple enquête pour prendre celle d'un roman ( qui ne soit pas policier ) . Le personnage d'Adamsberg s'élabore au fil des publications ; ce n'est pas qu'un commissaire mais un homme dans sa globalité qui nous est conté , un personnage terriblement humain avec des sentiments , des émotions , une histoire ...

Beaucoup plus rebattues sont les enquêtes sous la direction de Kay Scarpetta dont le compte rendu nous est fait par Patricia Cornwell . Le personnage que j'aime le mieux la dedans c'est Marino ; au moins lui nous est accessible avec des états d'âme et les pieds dans le plat , des kilos et un régime ( maintenant ... ce n'a pas toujours été le cas ) , des faiblesses et pas d'hélicoptère ... moins américain de cinéma que les autres pour résumer . Je ne vais cependant pas "cracher " sur le plaisir que j'ai eu à lire Signe suspect ou Registre des morts .


Dans la rubrique "policiers et vacances " je voulais vous citer aussi " l'immortel " de Franz-Olivier Gisbert lu cet été dans l'arrière pays montpellierrain et dont je n'avais pas encore parlé .
Le milieu marseillais et ses entourloupes , un récit qui tient en haleine jusqu'à sa chute .
A vous en parler des images du Grand Travers me viennent à l'esprit .
Si le personnage clé du roman est revenu hanter Marseille et les calanques après avoir défrayé la chronique il n'y aura point de retour possible pour ce Grand Travers que je connaissais aujourd'hui émaillé de plages privées , bordé de constructions nouvelles pour héberger les touristes attirés par le mirage de la grande bleue à qui on ne propose au final qu'eau tiède au parfum de produits de bronzage .

Aimer les polars ne veut pas dire s'y cantonner et la nostalgie n'est pas de mise à l'aube de cette nouvelle année pour laquelle tant de voeux sont exprimés ( avec ou sans l' hypocrisie d'une politesse obligée ) .

La nostalgie d'un passé révolu , les personnages de Guillaume Musso dans "je reviens te chercher " n'en ont pas le loisir . La lecture en est facile et agréable .
N'y cherchez pas une réponse toute faire sur ce qui gouverne notre vie car nombreuses sont les hypothèses qui sont soulevées dans ce roman : destin , hasard , libre arbitre ....

Le souhait de maitriser sa vie , de pouvoir choisir c'est entre autre ce qui est évoqué dans le livre de Martin Winckler qui m'a tentée au cours du trimestre dernier parce que j'étais restée sous le charme de La maladie de Sachs .
La trame de l'histoire de contée dans Le choeur des femmes est convenue mais il ne faut pas s'y arrêter ; ce n'est pas cela qui fait la richesse du livre mais, parmi tous les récits intermédiaires , les paroles des femmes qui consultent ce service spécifique . Certains font ou feront échos chez un certain nombre de nous .


Exemple : " 38 ans - Son implant ( .... et oui ça existe ) l'a fait passer de 85 à 108 kilos [...]Je lui demande si elle veut une autre contraception , elle me dit non , on a décidé d'avoir un autre enfant . Je demande combien elle en a . elle me répond "sept, mais j'ai toujours voulu en avoir huit , et j'ai que des filles , cette fois ça sera peut être un garçon , pour changer .Mais après , je me ferai faire une ligature des trompes " Je lui donne l'adresse d'un chirurgien qui ne lui dira pas qu'elle est encore jeune , qu'elle devrait réfléchir , que si jamais elle en perd
un " ( à croire que les enfants ça se remplace comme les assiettes ou les nains de jardin )...

Un exemple au milieu de multiples autres , à vrai dire le premier que j'ai croisé .
Outre ceux ci sur le thème de choix d'avoir ou non un enfant il y a ceux rappelle - oh combien- que les manifestations somatiques , certains de nos "bobos" , ne font qu'exprimer les mots que l'on ne dit pas et les maux plus grands que l'on endure parfois .
A part cela une mine de renseignements à propos de la contraception hormonale ( per os ou par implant ) , du stérilet ... un véritable "forum" aux questions de gynécologie y compris les anomalies du développement de l'appareil génital ( sous contrôle de l'imprégnation
hormonale *) qui fait le coeur du livre autour duquel se raconte la vie d'une femme peu commune .
( eh , oui ! n'est pas major de promo qui veut ! et si lever le pied à des explications amoureuses -entre autres - bosser à corps perdu à aussi des raisons . )




* cf biologie de la reproduction terminale S pour les bases cognitives .


http://www.futura-sciences.com/typo3temp/GB/661442f743.jpg
http://aemg.tacorpo.com/content/view/170/42/

samedi 9 janvier 2010

vu ce soir sur le net ...

http://www.20minutes.fr/diaporama/988-8-0-0-Camps-de-vacances-en-Coree-du-sud.php

un diaporama sur les centres de vacances pour enfants (.... les colos ) en Corée du Sud
extrait : Au programme, descente en rappel, traversée de rivière, transport de rondins ou encore jogging dans la boue. Une punition est appliquée aux plus lents: rester debout dans la neige à moitié nu en étant aspergé d'eau glacée.




associé à cette publicité:
http://www.infos-parents.com/?gclid=CPPz7p6xmJ8CFVBd4wodTC6EIA

La ligne d'information des parents par téléphone Pour vous, organisateurs, que des avantages : - Service complètement gratuit (même le N° est vert) - Pas d'engagement, pas de contrat, - Le directeur de la colonie ou l'enseignant enregistre ses messages quand il le veut (et toujours gratuitement) Pour les parents, c'est rassurant : - notre serveur est consultable 24 h/ 24 - coût modique - informés, ils sont rassurés et ne vous appellent plus !

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Voilà pourquoi j'ai toujours préféré les camps scouts (de France ) : pas de nouvelles car les responsables n'ont pas de quoi recharger leurs portables , ce que l'on a savoir ( sauf urgence ) est raconté à l'arrivée quand c'est fait , plaies et bleus soignés .
Pour d'autres associations de scoutisme les radios et les chaînes Tv relaient ce qu'il y a à savoir .... quand il y a à savoir
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exemple de juillet 1998
http://www.prevensectes.com/intcatho.htm

Quatre scouts (*) qui voguaient au large des Côtes-d'Armor (Bretagne), ainsi qu'un plaisancier qui tentait de leur porter secours, ont péri noyés, victimes de l'inconscience de l'abbé Cottard, directeur d'un camp de vacances. Le plus consternant dans cette affaire est l'attitude des familles des jeunes victimes, qui ont décidé de ne pas porter plainte et gardent l'estime pour cet abbé. Il est évident que beaucoup d'autres directeurs de colonie de vacances n'auraient pas eu droit à des réactions parentales aussi bienveillantes... L'emprise exercée pas ce prête "charismatique" est particulièrement révélatrice d'un milieu sectaire.

(*) : ils appartenaient en fait à l'Association Française de Scouts et Guides Catholiques (ASFSGC), extrêmement austère et non reconnue par la Fédération du Scoutisme Français, ni agréée du ministère de la Jeunesse et des sports.

autre exemple :
http://www.iutcolmar.uha.fr/internet/recherche/Jcerdacc.nsf/98c4b9fc2ed5792ec1256d640028f9d2/6c951aed1caffe56c12568cc0047ebe5?OpenDocument

SAVOIE: un scout tué année ???? ( environ 2000 après JC )

Un scout de 17 ans a perdu la vie dans un accident qui s'est produit mercredi 19 avril près de la pointe de Corionde en Savoie. Il faisait partie d'une patrouille des Scouts d'Europe originaire de l'Oise et qui devait rejoindre l'abbaye de Tamié dans le massif des Bauges , depuis le village de Saint-Pierre d'Albigny.
Ce jeune scout a fait une glissade accidentelle d'une cinquantaine de mètres dans un secteur réputé difficile et a heurté de la tête un rocher sur lequel il s'est fracassé. Selon un lieutenant de sapeurs-pompiers venus secourir le groupe, le terrain n'était pas approprié à une randonnée en montagne et la victime n'avait pas l'équipement adéquat pour randonner en montagne. Le chef de patrouille a été placé en garde à vue à la brigade de gendarmerie de Grésy sur Isère et une enquête judiciaire ouverte..


à feuilleter aussi http://forums.france2.fr/france2/jtfrance2/Le20heures/scouts-europe-sujet_18390_2.htm

Attention à ne pas généraliser !

Des accidents il peut en arriver malheureusement dans toute structure ; la seule chose à blâmer est l'irresponsabilité de l'encadrement quand c'est le cas
. Question d'importance qui revient à chaque fois qu'il y a eu une ou plusieurs vies en jeu et cela a des décès par avalanche au sein d'une activité de classe l'an dernier pour ldes élèves du Lycée Chateau Reynac à l'accident du Drac

et voilà comment , au lieu de dormir , je passe d'une "association " d'information prêtant à sourire à un de mes "dadas " ...

vendredi 1 janvier 2010

voeux


et la suite sur le site


http://apixelworld.files.wordpress.com/2009/01/meilleurs-voeux_lechat1.jpg

( extrait de YouTube )

mercredi 30 décembre 2009

identité nationale (copié- collé )


Démographe et historien, Emmanuel Todd, 58 ans, est ingénieur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED).

Inspirateur du thème de la fracture sociale, repris par Jacques Chirac lors de sa campagne présidentielle de 1995, il observe depuis longtemps la coupure entre élites et classes populaires. Il livre pour la première fois son analyse du débat sur l'identité nationale. Sans dissimuler sa colère. "Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature", estime-t-il.

Que vous inspire le débat sur l'identité nationale ?

Je m'en suis tenu à l'écart autant que possible, car ce débat est, à mes yeux, vraiment pervers. Le gouvernement, à l'approche d'une échéance électorale, propose, je dirais même impose, une thématique de la nation contre l'islam. Je suis révulsé comme citoyen. En tant qu'historien, j'observe comment cette thématique de l'identité nationale a été activée par en haut, comme un projet assez cynique.

Quelle est votre analyse des enjeux de ce débat ?

Le Front national a commencé à s'incruster dans le monde ouvrier en 1986, à une époque où les élites refusaient de s'intéresser aux problèmes posés par l'intégration des populations immigrées.

On a alors senti une anxiété qui venait du bas de la société, qui a permis au Front national d'exister jusqu'en 2007. Comme je l'ai souligné dans mon livre, Le Destin des immigrés (Seuil), en 1994, la carte du vote FN était statistiquement déterminée par la présence d'immigrés d'origine maghrébine, qui cristallisaient une anxiété spécifique en raison de problèmes anthropologiques réels, liés à des différences de système de moeurs ou de statut de la femme. Depuis, les tensions se sont apaisées. Tous les sondages d'opinion le montrent : les thématiques de l'immigration, de l'islam sont en chute libre et sont passées largement derrière les inquiétudes économiques.

La réalité de la France est qu'elle est en train de réussir son processus d'intégration. Les populations d'origine musulmane de France sont globalement les plus laïcisées et les plus intégrées d'Europe, grâce à un taux élevé de mariages mixtes. Pour moi, le signe de cet apaisement est précisément l'effondrement du Front national.

On estime généralement que c'est la politique conduite par Nicolas Sarkozy qui a fait perdre des voix au Front national...

Les sarkozystes pensent qu'ils ont récupéré l'électorat du Front national parce qu'ils ont mené cette politique de provocation, parce que Nicolas Sarkozy a mis le feu aux banlieues, et que les appels du pied au FN ont été payants. Mais c'est une erreur d'interprétation. La poussée à droite de 2007, à la suite des émeutes de banlieue de 2005, n'était pas une confrontation sur l'immigration, mais davantage un ressentiment anti-jeunes exprimé par une population qui vieillit. N'oublions pas que Sarkozy est l'élu des vieux.

Comment qualifiez-vous cette droite ?

Je n'ose plus dire une droite de gouvernement. Ce n'est plus la droite, ce n'est pas juste la droite... Extrême droite, ultra-droite ? C'est quelque chose d'autre. Je n'ai pas de mot. Je pense de plus en plus que le sarkozysme est une pathologie sociale et relève d'une analyse durkheimienne - en termes d'anomie, de désintégration religieuse, de suicide - autant que d'une analyse marxiste - en termes de classes, avec des concepts de capital-socialisme ou d'émergence oligarchique.

Le chef de l'Etat a assuré qu'il s'efforçait de ne pas être "sourd aux cris du peuple". Qu'en pensez-vous ?

Pour moi, c'est un pur mensonge. Dans sa tribune au Monde, Sarkozy se gargarise du mot "peuple", il parle du peuple, au peuple. Mais ce qu'il propose aux Français parce qu'il n'arrive pas à résoudre les problèmes économiques du pays, c'est la haine de l'autre.

La société est très perdue mais je ne pense pas que les gens aient de grands doutes sur leur appartenance à la France. Je suis plutôt optimiste : quand on va vraiment au fond des choses et dans la durée, le tempérament égalitaire des Français fait qu'ils n'en ont rien à foutre des questions de couleur et d'origine ethnique ou religieuse !

Pourquoi, dans ces conditions, le gouvernement continue-t-il à reprendre à son compte une thématique de l'extrême droite ?

On est dans le registre de l'habitude. Sarkozy a un comportement et un vocabulaire extrêmement brutaux vis-à-vis des gamins de banlieue ; il les avait utilisés durant la campagne présidentielle tandis qu'il exprimait son hostilité à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne dans un langage codé pour activer le sentiment antimusulman. Il pense que cela pourrait marcher à nouveau.

Je me demande même si la stratégie de confrontation avec les pays musulmans - comme en Afghanistan ou sur l'Iran - n'est pas pour lui un élément du jeu intérieur. Peut-être que les relations entre les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis, c'est déjà pour lui de la politique extérieure ? On peut se poser la question...

Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature. Comme un réflexe conditionné. Mais quand on est confronté à un pouvoir qui active les tensions entre les catégories de citoyens français, on est quand même forcé de penser à la recherche de boucs émissaires telle qu'elle a été pratiquée avant-guerre.

Quels sont les points de comparaison avec cette période ?

Un ministre a lui-même - c'est le retour du refoulé, c'est l'inconscient - fait référence au nazisme. (Christian Estrosi, le 26 novembre, a déclaré : "Si, à la veille du second conflit mondial, dans un temps où la crise économique envahissait tout, le peuple allemand avait entrepris d'interroger sur ce qui fonde réellement l'identité allemande, héritière des Lumières, patrie de Goethe et du romantisme, alors peut-être, aurions-nous évité l'atroce et douloureux naufrage de la civilisation européenne.") En manifestant d'ailleurs une ignorance de l'histoire tout à fait extraordinaire. Car la réalité de l'histoire allemande de l'entre-deux-guerres, c'est que ce n'était pas qu'un débat sur l'identité nationale. La différence était que les nazis étaient vraiment antisémites. Ils y croyaient et ils l'ont montré. La France n'est pas du tout dans ce schéma.

Il ne faut pas faire de confusion, mais on est quand même contraint de faire des comparaisons avec les extrêmes droites d'avant-guerre. Il y a toutes sortes de comportements qui sont nouveaux mais qui renvoient au passé. L'Etat se mettant à ce point au service du capital, c'est le fascisme. L'anti-intellectualisme, la haine du système d'enseignement, la chasse au nombre de profs, c'est aussi dans l'histoire du fascisme. De même que la capacité à dire tout et son contraire, cette caractéristique du sarkozysme.

La comparaison avec le fascisme, n'est-ce pas excessif ?

Il ne s'agit pas du tout de dire que c'est la même chose. Il y a de grandes différences. Mais on est en train d'entrer dans un système social et politique nouveau, qui correspond à une dérive vers la droite du système, dont certains traits rappellent la montée au pouvoir de l'extrême droite en Europe.

C'est pourtant Nicolas Sarkozy qui a nommé à des postes-clés plusieurs représentantes des filles d'immigrés...

L'habileté du sarkozysme est de fonctionner sur deux pôles : d'un côté la haine, le ressentiment ; de l'autre la mise en scène d'actes en faveur du culte musulman ou les nominations de Rachida Dati ou de Rama Yade au gouvernement. La réalité, c'est que dans tous les cas la thématique ethnique est utilisée pour faire oublier les thématiques de classe.

Propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon et Sylvia Zappihttp://www.lemonde.fr/politique/article/2009/12/26/ce-que-sarkozy-propose-c-est-la-haine-de-l-autre_1285128_823448.html